sábado, 7 de junho de 2014

DISCOURS . Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

DISCOURS

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé hier les groupes rebelles à reconnaître leur défaite et à déposer les armes, estimant que l'élection de Bachar el-Assad rend ce dernier incontournable dans toute solution à la guerre.


C'est par le dossier libanais que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a initié hier son allocution lors d'une cérémonie funèbre du Hezbollah, commençant plus précisément par le volet social.


 Aussi a-t-il évoqué les différentes revendications sociales, notamment la crise de l'enseignement dans le secteur public, faisant assumer la responsabilité de cette crise à « l'ensemble de la classe politique », qu'il a invitée à « trouver une solution dans les jours à venir ».


« Avec tous les respects que je dois au poste présidentiel et à la vacance, mais tous les blocs parlementaires ont le devoir moral, humain et national de se rendre à la Chambre pour trancher cette question afin de rendre leur dû aux fonctionnaires et de sauver les étudiants s'agissant des examens officiels. Celui qui faillira à ce devoir en assumera la responsabilité », a affirmé Hassan Nasrallah.




« Allons élire le plus fort des chrétiens »


Le leader du Hezbollah a ensuite rejeté l'accusation selon laquelle son parti, ou plus globalement le tandem chiite Amal-Hezbollah, chercherait à torpiller l'élection présidentielle afin de remplacer la parité islamo-chrétienne instituée par l'accord de Taëf par une répartition par tiers sunnites/chiites/chrétiens.

« Cette accusation de vouloir instaurer la tripartition n'est pas neuve (...), mais elle est sans fondements. Donnez-nous la moindre preuve (...) que nous voulons la tripartition. Nul, au sein du tandem chiite, n'en a parlé, ni de près ni de loin. Mieux que cela, nous n'y avons même jamais pensé, avant qu'il n'en soit question.

Je souhaite insister sur ce point afin que certaines autorités religieuses, surtout nationales, ne comprennent pas ou n'apprécient pas d'une manière erronée », a affirmé Hassan Nasrallah, indiquant que « les premiers à avoir proposé l'idée à des responsables iraniens étaient les Français, à travers une délégation, à Téhéran, sur base de l'idée selon laquelle l'accord de Taëf n'était plus un cadre opportun et qu'il était dépassé ».


« Les Iraniens n'ont jamais posé le problème, ils n'y ont jamais réfléchi, et nous non plus. Ils ont répondu de par eux-mêmes, mais ils nous ont posé la question. Nous avons dit que cela était impensable, que nous n'y réfléchissions pas et que nous ne demandions pas cela. Les Français sont vos amis, allez donc leur demander », a indiqué le secrétaire général du parti chiite à l'adresse de ses détracteurs.



« Si, malgré tout, vous continuez à nous accuser de cela, sachez qu'on ne fait pas pression sur nous par des accusations. Vous prendrez le temps qu'il faut pour vous convaincre que cela est faux. Si d'aucuns au Liban souhaitent s'embarquer dans une illusion légitime, en considérant qu'il s'agit d'un danger, et s'ils souhaitent se battre avec cette illusion et ce projet dangereux, ils sont libres. Qu'ils se battent jusqu'à en avoir ras le bol ; nous n'avons rien à voir avec la répartition par tiers (...), point final », a-t-il poursuivi.


« Si vous pensez, comme vous nous en accusez, que nous aspirons au vide présidentiel pour imposer la répartition par tiers... si vous voulez barrer la route à la tripartition, allons à l'élection et mettons fin au vide, ou à la vacance. Acceptez la personnalité la plus forte, qui dispose d'une présence nationale et chrétienne. Allons dès ce soir inciter le président de la Chambre à convoquer à une séance afin d'élire un président. C'est ainsi que vous coupez court à la tripartition. Nous sommes prêts. Mais nous savons tous qui est celui qui fait obstacle à celui qui est en droit d'obtenir son dû », a souligné Hassan Nasrallah.


« N'attendez pas le dialogue saoudo-iranien... »

Évoquant le dialogue en cours entre le CPL et le courant du Futur sur la présidentielle, le chef du Hezbollah a indiqué qu'il « attend toujours les résultats de ce dialogue ». « Mais nous voulons plus que cela : des efforts internes, de différentes parties, pour pousser l'échéance à bout. Certains attendent l'extérieur, mais ce dernier n'a cure du Liban (...) et rappelle tous les jours qu'il ne veut pas s'ingérer.

Qu'attendez-vous encore de l'extérieur ? (...) N'attendez pas les négociations irano-saoudiennes, pas même dans la pratique. Il n'y a pas encore de date prévue, dis-je à ceux qui comptent les heures en pensant que les Libanais vont gagner sans déployer le moindre effort, et qu'il n'est donc pas besoin de dialoguer en attendant les négociations.

 L'on ne sait même pas s'il y aura une date proche. Et même s'il y en a une, l'on ne sait pas sur quoi les négociations porteront. Qui a dit que le dossier présidentiel sera au menu ? D'ailleurs, l'Iran n'impose rien à ses alliés et ses amis, ni au Liban, ni en Syrie, ni en Irak ou ailleurs (...) », a indiqué Nasrallah.


Et de poursuivre : « En tant que Libanais soucieux que l'échéance ait lieu au plus vite, je vous dis, faisons un effort réel au plan interne. Il existe des chefs dans ce pays capables de prendre des initiatives, et nous pouvons, en tant que Libanais, réaliser cette échéance. Même à ceux qui l'attendent, l'Arabie dit clairement qu'elle ne souhaite pas s'ingérer. Tous les pays qui intervenaient autrefois sont trop occupés actuellement et aucun ne prendra d'initiative. »


Sur le dossier libanais, le patron du Hezbollah a mis en relief « la volonté unanime régionale et internationale de préserver le calme et la stabilité au Liban, ce qui nécessite une coordination de la part de tous les Libanais ». « En dépit de ce qui se produit dans la région, nous sommes très attachés à la sécurité, la paix, le calme et la stabilité », a-t-il ajouté, estimant qu'« il est de notre responsabilité à tous de consolider cette paix et cette stabilité, et de faire réussir les plans sécuritaires et la coordination à tous les niveaux ».


 « Nous n'avons pas besoin, pour cela, d'une solution politique radicale, mais d'une volonté de préserver la sécurité et la stabilité au Liban », a-t-il ajouté, appelant à une accalmie au niveau « du discours politique et des provocations sectaires ».


« L'exploit historique » d'Assad

Le secrétaire général du Hezbollah a ensuite qualifié la réélection de Bachar el-Assad « d'événement le plus important, d'exploit historique et de victoire pour la Syrie, son peuple et son leadership ».

Hassan Nasrallah a fustigé le dédain avec lequel plusieurs pays occidentaux et régionaux ont « fait pression » sur Damas, « menaçant » le régime pour le pousser à ne pas tenir les élections, sous peine de réactions de la communauté internationale.


Il a estimé que tous les pays qui s'étaient empressés de qualifier le scrutin de « mascarade illégitime » ont voulu « spolier la volonté du peuple syrien sur base de fausses réalités ».



« Nous savons que plusieurs pays ont empêché les Syriens d'élire sur leur territoire, alors qu'ils prétendent qu'ils veulent la démocratie et la liberté d'expression des citoyens. Ils voulaient, de cette manière, que les émigrés ne participent pas, pour montrer que le régime n'a pas de popularité.

 Or ils savaient bien que les Syriens afflueraient de partout pour voter en masse », a-t-il dit. « Si la présidentielle n'était pas réelle et populaire, ils ne l'auraient pas crainte à ce point, au point d'émettre des fatwas apostasiant les électeurs, ou encore de menacer de transformer toutes les régions en des places ensanglantées à la veille du scrutin (...) », a ajouté Hassan Nasrallah, qualifiant tout cela de « preuve d'échec » de la part de l'opposition.

« Tout le monde a vu le résultat, et ceux qui veulent s'obstiner dans leur arrogance sont libres. Ceux qui continuent à parler de mascarade sont libres.

 Cela ne change rien à la réalité. Tout le monde a bien vu, y compris au Liban, devant l'ambassade syrienne, où la scène a surpris. Pas seulement le 14 Mars ; les amis de la Syrie ont été surpris, et nous aussi.

 Pour diminuer de l'impact de l'événement, il a été dit que des partis et le Hezbollah avaient fait pression sur les gens et avaient organisé des transports, mais tout cela est faux.

Les Syriens ont afflué de par eux-mêmes de toutes les régions à l'ambassade syrienne pour voter. Personne n'a fait pression sur eux.

 Toutes ces niaiseries sont une preuve de faiblesse (...). Il a été dit que ceux qui ont voté à l'ambassade syrienne au Liban sont des éléments du Hezbollah : le ministère de l'Intérieur se trouve entre vos mains, l'État et ses ministères régaliens aussi ; les enregistrements existent. Dites-nous, quels sont les membres du Hezbollah qui ont voté à l'ambassade ? » a-t-il noté.



« Nul ne peut ignorer cette masse qui a voté. On peut discuter le pourcentage, mais il est indiscutable que des millions ont voté (...).

Nous avons entendu ensuite les réactions, l'un affublant les élections d'un "zéro" (en allusion à John Kerry), l'autre usant de toutes les injures existantes dans ce qui n'était en rien un communiqué politique (en allusion à Saad Hariri et Walid Joumblatt).

Tout cela est l'expression d'un échec, d'un sentiment de défaite et de déception. (...) Ils pensaient que le peuple boycotterait et que le régime serait aussitôt mis à nu. L'arroseur a été arrosé », a ajouté Hassan Nasrallah.


Bachar, l'alpha et l'omega

Le secrétaire général du Hezbollah a ensuite dégagé six résultats politiques de la victoire d'Assad en Syrie, estimant notamment que le régime a prouvé qu'il dispose de larges assises populaires, ce qui dément, selon lui, l'argument selon lequel il est en guerre contre son peuple ; et que l'élection prouve que « la guerre destructrice contre la Syrie a échoué ».

 « Celui qui veut parler d'une solution politique en Syrie ne peut ignorer la présidentielle, qui a reconduit Assad, et qui prouve que ce n'est pas vrai que la solution doit être basée sur Genève I ou II, ou encore sur la démission d'Assad ou une passation des pouvoirs.

Cela est désormais impossible maintenant que le peuple l'a réélu. La prétendue opposition ne peut plus réclamer la démission d'Assad comme condition préalable à des négociations (...). Cette élection affirme à l'opposition et au monde entier que toute solution politique en Syrie commence et se termine avec le président Assad. »


« Il y a un président élu par des millions de personnes pour un nouveau mandat de sept ans, et ceux qui veulent agir en vue d'une solution politique doivent négocier avec lui pour arriver à une solution politique », a martelé Hassan Nasrallah. « Cette solution est fondée d'abord sur la nécessité de prendre en compte le résultat de l'élection et de comprendre qu'Assad est le tenant de la solution.


Ensuite, il faut que cesse le soutien aux groupes takfiristes en Syrie pour mettre fin à la guerre. Il ne suffit pas que certains pays mettent ces groupes sur la liste des groupes terroristes, tandis qu'ils continuent à leur offrir un soutien financier, armé et logistique. Dès les premières heures, nous étions en faveur d'une solution politique.


Nous appelons tous les combattants à prendre, comme cela s'est produit à Homs et ailleurs, le chemin de la réconciliation et du dialogue, à rechercher une issue politique et à cesser l'effusion de sang ainsi que les combats », a-t-il dit. « (...) Votre combat n'a pas d'horizons autres que plus de destruction pour votre pays et plus de sang versé.


Chacun doit reconnaître que la guerre militaire ne va pas permettre aux autres de prendre le contrôle de la Syrie. Allons tous vers la réconciliation, le dialogue et des solutions politiques », a-t-il ajouté, à l'adresse des rebelles.

Nenhum comentário:

Postar um comentário